Le Nigeria, toujours au cœur de la lutte contre la pauvreté ?
En 2018, une étude du World Poverty Clock (WPC) a placé le Nigeria au sommet de la triste liste des nations les plus touchées par l'extrême pauvreté. Environ 87 millions de Nigérians — près de la moitié de la population à l’époque — vivaient avec moins de 1,90 dollar par jour. Ce chiffre choquant a conduit à qualifier le pays de « capitale mondiale de la pauvreté », une appellation lourde de conséquences.
Cette situation s’explique par un mélange de facteurs : instabilité économique, inflation galopante, chômage élevé, insécurité dans certaines régions et un système de santé et d’éducation fragilisé. Bien que la pandémie de COVID-19 ait aggravé la crise, les racines de cette pauvreté remontent à des décennies de gestion économique fragile et de dépendance au pétrole, secteur souvent mal géré.
Cependant, en 2022, selon les mêmes données du WPC, l’Inde a dépassé le Nigeria en nombre absolu de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, ce qui a modifié le classement mondial. Cela ne signifie pas que la situation au Nigeria se soit nettement améliorée, mais plutôt que les dynamiques de pauvreté évoluent à l’échelle mondiale, avec des réalités très différentes selon les pays.
Aujourd’hui, le défi reste immense. Le Nigeria, qui compte désormais plus de 200 millions d’habitants, fait face à une croissance démographique rapide qui contraste avec un développement économique inégal. Transformer cette jeunesse en force productive, plutôt qu’en fardeau social, sera déterminant.
Être ou ne plus être la « capitale de la pauvreté » ne change rien à l’urgence sur le terrain : des millions de vies dépendent de politiques publiques plus justes, d’un accès élargi à l’éducation et à l’emploi, et d’une gouvernance plus transparente. Le vrai défi, c’est d’offrir à chaque Nigérian une chance de vivre dignement.
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