Médicaments et anesthésie : les interactions à haut risque

Lors d'une intervention chirurgicale, l'interaction entre les molécules utilisées pour l'anesthésie et un traitement habituel peut engendrer de graves complications. C'est pourquoi le bilan préopératoire nécessite une transparence totale sur vos prises médicamenteuses, y compris les traitements chroniques.

Certaines associations médicamenteuses constituent de véritables signaux d'alarme pour les équipes médicales :

L'association d'un inhibiteur du CYP et de la warfarine expose le patient à un risque majeur d'hémorragie. En bloquant les enzymes du foie chargées de métaboliser l'anticoagulant, le traitement augmente l'effet de la warfarine et fluidifie le sang à un niveau dangereux lors d'une opération.

La combinaison du lithium ou du magnésium avec des curares (bloqueurs neuromusculaires) provoque une prolongation inattendue de la paralysie musculaire. Cela rend le réveil respiratoire plus complexe et nécessite une surveillance accrue en salle de réveil.

L'association d'une statine et d'un macrolide (une classe d'antibiotiques) peut entraîner une rhabdomyolyse, soit une destruction rapide et sévère des cellules musculaires qui surcharge gravement les reins.

Pour prévenir ces urgences, l'équipe d'anesthésie doit ajuster, suspendre ou remplacer certains médicaments plusieurs jours avant l'opération. N'interrompez jamais un traitement de votre propre initiative, mais signalez rigoureusement chaque molécule à votre médecin lors de la consultation d'anesthésie.

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