La fin du monde informatique aura-t-elle lieu en 2038 ?

Souvenez-vous du bug de l'an 2000, cette grande frayeur collective où les ordinateurs devaient tous cesser de fonctionner au passage du nouveau millénaire. Si la catastrophe a été évitée grâce au travail acharné des ingénieurs, une autre date butoir plane au-dessus de nos systèmes : le 19 janvier 2038.

Ce phénomène, souvent appelé le bug de l'an 2038 ou "Y2K38", trouve son origine dans la façon dont de nombreux ordinateurs mesurent le temps. Les systèmes d'exploitation de type Unix (qui propulsent une immense majorité de nos serveurs, smartphones Android et objets connectés) comptent le temps en secondes écoulées depuis le 1er janvier 1970. Pour stocker ce nombre, ils utilisent un format classique appelé entier 32 bits signé.

Le problème est purement mathématique. Le 19 janvier 2038 à 03:14:07 UTC, ce compteur atteindra sa valeur maximale absolue : 2 147 483 647 secondes. Dès la seconde suivante, le système va "déborder" et basculer instantanément dans les nombres négatifs. Pour la machine, l'horloge fera un bond dans le passé en se téléportant directement au 13 décembre 1901. Un tel anachronisme provoquera inévitablement des plantages en série, des pannes de bases de données et des dysfonctionnements majeurs dans les infrastructures mondiales.

Faut-il pour autant paniquer ? Heureusement, non. L'industrie technologique a anticipé le coup. La solution consiste à migrer les systèmes vers une architecture en 64 bits. Avec ce format, la limite de stockage du temps est repoussée si loin dans le futur que notre soleil aura probablement cessé de briller avant que le bug ne se reproduise. Le défi reste toutefois de taille pour les vieux équipements industriels et les systèmes embarqués qui n'auront pas été mis à jour d'ici là.

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