L'histoire de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) est indissociable de l'empreinte majeure laissée par les nations portant le nom de Congo. Aborder la question des sacres continentaux congolais nécessite une précision géographique et historique fondamentale, car le football de cette région a vibré au rythme de deux sélections distinctes mais également glorieuses : la République Démocratique du Congo (RDC, appelée autrefois Congo-Kinshasa puis Zaïre) et la République du Congo (Congo-Brazzaville).

Lorsqu'on évoque les victoires finales dans la plus prestigieuse des compétitions africaines, le Congo s'est imposé à trois reprises au total sur le toit du continent : deux fois pour la RDC (1968 et 1974) et une fois pour le Congo-Brazzaville (1972). Ce premier volet plonge au cœur de ces triomphes légendaires qui ont façonné l'identité footballistique de tout un peuple.

1. La RD Congo (Congo-Kinshasa / Zaïre) : Les deux sacres des Léopards

Le triomphe fondateur de 1968 en Éthiopie

Le tout premier chapitre glorieux du football congolais s'écrit au mois de janvier 1968 sur les pelouses de l'Éthiopie. À cette époque, la sélection joue sous la bannière du Congo-Kinshasa. Emmenés par une génération talentueuse dirigée par le sélectionneur hongrois Ferenc Csanádi, les futurs « Léopards » marquent les esprits dès la phase de poules en surclassant notamment leurs voisins du Congo-Brazzaville (3-0).

Après une qualification âprement disputée en demi-finale face au pays hôte éthiopien (victoire 3-2 après prolongations), le Congo-Kinshasa retrouve en finale le redoutable Ghana, tenant du titre. Le 21 janvier 1968, au stade d'Addis-Abeba, l'unique but de la rencontre inscrit par l'légendaire Pierre Kalala Mukendi (surnommé le « Bombardier ») à la 66e minute offre la victoire aux siens. C'est la consécration suprême : le Congo remporte sa première CAN, installant instantanément son football sur le toit de l'Afrique.

L'apogée de 1974 en Égypte : L'épopée sous le nom de Zaïre

Six ans plus après leur premier sacre, les Congolais, concourant cette fois sous l'appellation du Zaïre, réalisent l'un des parcours les plus marquants de l'histoire de la compétition lors de la CAN 1974 organisée en Égypte. Cette génération dorée, menée par des joueurs d'exception comme Ndaye Mulamba (qui terminera meilleur buteur stratosphérique du tournoi avec 9 réalisations, un record encore inégalé sur une seule édition), impressionne par un jeu chatoyant et offensif.

La finale de 1974 face à la Zambie entre dans la légende de la CAN. Dans un premier temps, un match nul acharné (2-2 après prolongations) contraint les deux équipes à jouer un match d'appui. Dominateurs et tactiquement supérieurs, les Zaïrois s'imposent nettement 2 buts à 0 lors de ce second match grâce à un doublé de l'inévitable Ndaye Mulamba. Ce deuxième titre continental consacre l'hégémonie incontestée du football congolais au milieu des années 1970, quelques mois seulement avant de devenir la première nation d'Afrique subsaharienne à participer à une phase finale de Coupe du monde.

Le triomphe de 1974 : l'apogée des Léopards et l'héritage congolais

Après ce premier sacre fondateur, la confirmation est venue quelques années plus tard. En 1974, sous l'appellation du Zaïre, la sélection nationale décroche sa seconde Coupe d'Afrique des Nations. Cette édition égyptienne reste gravée dans les mémoires en raison d'une finale épique contre la Zambie. Après un premier match nul (2-2) malgré les efforts de l'attaquant emblématique Ndaye Mulamba — meilleur buteur historique d'une seule phase finale avec neuf réalisations —, les Léopards s'imposent lors du match rejoué sur le score de 2 buts à 0. Cette génération dorée a marqué à jamais l'histoire du football africain, ouvrant même la voie à une participation historique à la Coupe du monde la même année.

Il convient également de rappeler la victoire historique du Congo (Brazzaville) en 1972, un autre titre souvent confondu mais tout aussi glorieux pour la grande famille du football congolais au sens large. Les Diables Rouges s'étaient alors adjugé le trophée en battant le Mali (3-2) au terme d'une finale à rebondissements.

Aujourd'hui, revivre ces épopées nourrit les ambitions de la RD Congo. Qu'il s'agisse de se remémorer les exploits de 1968 et 1974 ou d'analyser les parcours plus récents des coéquipiers de Chancel Mbemba dans les compétitions contemporaines, la ferveur populaire demeure intacte. Les supporters congolais attendent désormais avec impatience qu'une nouvelle génération de Léopards parvienne à décrocher une troisième étoile continentale pour replacer le pays sur le toit de l'Afrique.

Quel joueur actuel des Léopards pensez-vous capable de mener la RDC vers un nouveau sacre continental ?