L’Égypte : Pionnière de l’histoire africaine en Coupe du monde
Lorsque l'on évoque les grandes épopées du football africain en Coupe du monde, les mémoires s'orientent spontanément vers les performances flamboyantes du Cameroun en 1990, du Sénégal en 2002, ou encore l'historique parcours des Lions de l'Atlas du Maroc, demi-finalistes au Qatar en 2022. Pourtant, bien avant ces moments de grâce qui ont placé le continent sur le toit du football mondial, un pays a ouvert la voie, bravant les frontières et les complexités géopolitiques de l'époque. Ce tout premier pays africain à avoir participé à une phase finale de Coupe du monde est l'Égypte, lors de l'édition historique de 1934 organisée en Italie.
Un contexte mondial et continental singulier
Pour bien saisir la portée de cet événement, il faut replonger dans le contexte des balbutiements de la plus prestigieuse des compétitions de football. Quatre ans plus tôt, en 1930, l'Uruguay organisait et remportait le tout premier Mondial de l'histoire.
L'Égypte, dotée d'une structure de football déjà très active et affiliée à la FIFA dès les années 1920, s'engage dans les éliminatoires. Sous la houlette de son sélectionneur écossais James McCrea, la sélection égyptienne parvient à valider son ticket pour l'Italie en écartant la Palestine mandataire lors d'une double confrontation maîtrisée. Cet exploit fait des Pharaons non seulement les ambassadeurs d'une nation, mais de tout un continent désireux d'exister sur la scène sportive internationale.
Une aventure italienne brisée par les cadors
Le 27 mai 1934, sur la pelouse du stade Giorgio Ascarelli à Naples, l'Égypte dispute son tout premier match officiel en Coupe du monde face à une redoutable équipe de Hongrie. Malgré une farouche résistance et un doublé remarquable de l'attaquant Abdel Fawzi — qui entre ainsi dans l'histoire en devenant le premier joueur africain à inscrire un but dans le tournoi —, les Égyptiens s'inclinent sur le score de 4 buts à 2.
Cette élimination d'entrée, dans le cadre d'un format à élimination directe strict qui caractérisait l'épreuve à cette époque, mit fin prématurément au rêve des Pharaons. Néanmoins, l'impact symbolique était immense. L'Égypte venait de planter la première graine d'une longue et riche histoire, ouvrant la porte à une traversée du désert de trente-six ans avant de revoir une nation africaine (le Maroc en 1970) fouler à nouveau les pelouses d'une phase finale mondiale.
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