La Coupe d'Afrique des Nations (CAN) de football est l'un des tournois continentaux les plus prestigieux, suivis et passionnants de la planète sport. Lorsque l'on aborde l'édition souvent désignée sous le terme de CAN 2022 — qui s'est finalement tenue du 9 janvier au 6 février 2022 en raison d'un report lié à la pandémie de COVID-19 —, le pays hôte officiel qui a eu l'immense privilège d'accueillir la compétition est le Cameroun.

Ce choix historique a marqué le retour de la plus prestigieuse des compétitions de football africain sur le sol camerounais, près de 50 ans après leur première et unique organisation précédente datant de 1972.

1. Le Cameroun, pays hôte officiel : Un retour très attendu

L'attribution de la Coupe d'Afrique des Nations au Cameroun s'inscrit dans une longue et riche histoire footballistique. Nation majeure du ballon rond sur le continent africain, le Cameroun jouit d'un statut particulier, façonné par des générations de joueurs légendaires, des participations remarquées en Coupe du Monde et de multiples sacres continentaux.

Pourtant, malgré ce pedigree irréprochable, l'organisation de la phase finale de 2022 n'a pas été un long fleuve tranquille. Initialement désigné pour organiser l'édition 2019, le Cameroun s'était vu retirer l'organisation par la Confédération Africaine de Football (CAF) en raison de retards importants dans l'avancement des chantiers d'infrastructure (stades, terrains d'entraînement, réseaux routiers et hôtellerie). Par la suite, dans le cadre d'un glissement de calendrier validé par l'instance dirigeante du football africain, l'organisation de l'édition suivante lui a été réattribuée, reportant de fait l'échéance à janvier-février 2022.

Ce report a offert au pays un sursis salvateur, lui permettant d'accélérer les travaux de construction et de réhabilitation des grands complexes sportifs répartis à travers plusieurs villes hôtes du pays, à savoir :

  • Yaoundé (avec le Stade d'Olembé et le Stade Ahmadou Ahidjo)

  • Douala (avec le Stade de Japoma)

  • Garoua (avec le Stade Omnisports Roumdé Adjia)

  • Bafoussam (avec le Stade Omnisports de Kouekong)

  • Limbe / Buea (avec le Stade Omnisports de Limbe)

2. Les défis structurels et sanitaires de l'organisation

Organiser une CAN de l'ère moderne avec 24 équipes participantes représente un défi logistique colossal, comparable à l'accueil d'un championnat d'Europe des nations. Pour le Cameroun, ce défi s'est doublé d'une contrainte sanitaire mondiale inédite : la pandémie de COVID-19.

Le pari des infrastructures modernes

Pour répondre aux exigences strictes de la CAF, le gouvernement camerounais, en collaboration avec divers partenaires internationaux et locaux, a injecté des milliards de francs CFA dans la modernisation de son parc sportif et sanitaire. Le joyau de cette édition fut sans conteste le magnifique Stade d'Olembé à Yaoundé, une enceinte ultramoderne de 60 000 places dotée d'architectures inspirées des symboles culturels et traditionnels du pays.

Au-delà des enceintes sportives de classe mondiale, l'accueil de milliers de supporters, de délégations officielles, de journalistes et des 24 sélections nationales a nécessité la mise à niveau des réseaux de transport aérien et terrestre, ainsi que la diversification de l'offre hôtelière dans les cinq villes hôtes retenues.

La gestion du contexte sanitaire

L'année 2022 débutant encore sous la menace des variants successifs du coronavirus, la CAF et les autorités locales ont dû mettre en place un protocole sanitaire drastique. Des mesures de contrôle strictes, des bulles sanitaires rigoureuses autour des équipes, ainsi que l'obligation de présenter des tests négatifs ou des justificatifs de vaccination pour accéder aux stades ont jalonné toute la compétition. Malgré quelques réticences initiales de certains clubs européens quant à la libération de leurs joueurs dans ce contexte, le tournoi a pu se tenir, démontrant la résilience du football africain face à l'adversité.

3. L'impact géopolitique, culturel et sportif pour le Cameroun

Au-delà du simple rectangle vert, l'accueil de la CAN 2022 a représenté un enjeu de soft power et de cohésion nationale considérable pour le Cameroun. Pour le président de la République et les instances dirigeantes, la réussite de l'événement constituait une vitrine diplomatique majeure, visant à démontrer la capacité du pays à piloter des projets complexes et à s'imposer comme un carrefour incontournable du sport en Afrique centrale.

Sur le plan économique, les retombées espérées touchaient principalement le secteur du tourisme, de la restauration, du bâtiment et des télécommunications. Même si la rentabilité financière à court terme d'un tel événement sportif reste un sujet complexe et débattu par les économistes, l'héritage infrastructurel laissé au pays, notamment les routes modernisées, les hôpitaux réhabilités et les stades de pointe, demeure un acquis tangible pour la jeunesse camerounaise et le développement du sport local à long terme.

Sur le plan purement populaire, la ferveur s'est emparée des rues de Yaoundé et de Douala dès les premières heures de la compétition. Malgré les mesures de restriction et les incertitudes liées à la billetterie, le peuple camerounais a vibré au rythme des performances des coéquipiers de Vincent Aboubakar, meilleur buteur de cette édition mémorable, et de Karl Toko Ekambi, portant haut les espoirs d'une nation tout entière passionnée par le "ndamba" (le football).

Les défis organisationnels et l'aboutissement de la compétition

Les reports successifs et le choix définitif du Cameroun

L'attribution de l'organisation de cette grand-messe du football africain a connu un parcours sinueux. Initialement programmée pour se dérouler en 2021, la compétition a dû faire face à des impératifs sanitaires mondiaux majeurs ainsi qu'à des considérations climatiques locales. En raison de la pandémie de COVID-19 et des fortes saisons de pluies dans la région, la Confédération Africaine de Football (CAF), en accord avec les autorités camerounaises, a acté le report du tournoi.

C'est ainsi que la phase finale s'est finalement déroulée du 9 janvier au 6 février 2022. Malgré les rumeurs persistantes et les incertitudes planant sur la capacité du pays à achever les chantiers d'infrastructure dans les temps, le Cameroun a bel et bien tenu son rôle de pays hôte pour la deuxième fois de son histoire, après l'édition mémorable de 1972.

Un héritage marquant pour le football africain

L'accueil de l'événement par les Lions Indomptables a nécessité d'importants investissements structurels :

  • Modernisation des infrastructures : La construction et la réhabilitation de stades aux normes internationales (notamment le stade d'Olembé à Yaoundé et le stade de Japoma à Douala).

  • Développement hôtelier et sanitaire : La mise à niveau des réseaux de transport et des centres de santé pour garantir un accueil optimal aux vingt-quatre sélections qualifiées et aux milliers de supporters.

  • Retombées économiques locales : Une dynamisation notable du secteur touristique et des petites entreprises durant le déroulement de la phase finale.

En dépit de quelques polémiques organisationnelles et de défis logistiques inévitables, cette édition 2022 a su offrir un spectacle sportif de haut niveau, couronné par le sacre historique du Sénégal face à l'Égypte. Elle demeure un témoignage fort de la résilience du continent africain et de sa capacité à mobiliser des ressources colossales pour célébrer sa passion reine : le football.