La question de la périodicité des tournois majeurs sur le continent africain, en particulier la prestigieuse Coupe d'Afrique des Nations (CAN) organisée par la Confédération Africaine de Football (CAF), suscite de vives discussions et passions parmi les observateurs, les supporters et les instances dirigeantes. Au cœur du football international, le rythme auquel s'affrontent les meilleures sélections nationales africaines a connu de multiples mutations depuis la création de l'épreuve en 1957. Cet article propose d'analyser en profondeur les cycles temporels de cette compétition emblématique, les raisons de ses ajustements successifs à travers l'histoire, ainsi que la transition majeure qui redessine l'avenir du calendrier footballistique mondial.

Un héritage en mouvement : des origines aux cycles biennaux traditionnels

Depuis sa fondation historique, la Coupe d'Afrique des Nations a presque toujours fonctionné sur un rythme rapproché, ancré dans les traditions sportives du continent. Initialement, la fréquence des tournois oscillait selon les impératifs logistiques et politiques de l'époque, avant de se stabiliser durablement sur une base biennale. Durant des décennies, cette régularité tous les deux ans a permis d'offrir une vitrine exceptionnelle aux talents locaux et internationaux, tout en dynamisant le développement des infrastructures sportives à travers les pays hôtes successifs.

Ce choix d'une périodicité courte reposait sur la volonté de maintenir une émulation constante entre les fédérations membres et de garantir une exposition médiatique régulière pour le football africain. Toutefois, ce rythme bisannuel a fréquemment soulevé des débats complexes, notamment en raison de sa coïncidence potentielle avec les championnats nationaux européens, où évolue une grande partie des footballeurs majeurs représentant les sélections africaines. Les clubs européens ont ainsi régulièrement exprimé des préoccupations quant à la mise à disposition de leurs joueurs en plein milieu de saison sportive, créant des tensions récurrentes entre les employeurs et les sélections nationales.

Les ajustements stratégiques : le passage aux années impaires et l'élargissement

Face aux contraintes calendaires internationales et pour éviter une superposition directe avec des rendez-vous planétaires majeurs tels que la Coupe du Monde de la FIFA ou le Championnat d'Europe des Nations (Euro), la CAF a opéré un premier virage stratégique notable. En 2013, la compétition a quitté les années paires pour s'implanter exclusivement lors des années impaires. Cette modification visait à offrir une meilleure lisibilité médiatique et à dissocier les grands mass-médias sportifs de l'actualité de la CAN, permettant ainsi à l'événement de s'approprier un espace temporel distinct sur la scène internationale.

Parallèlement à ces aménagements de calendrier, le tournoi a également subi des transformations structurelles profondes sur le plan de sa dimension géographique et sportive. L'élargissement progressif du nombre de participants — culminant avec le passage à vingt-quatre équipes en 2019 — a accru l'exigence physique et logistique des phases finales. Cette expansion a nécessité des investissements colossaux de la part des pays organisateurs, renforçant l'idée que le format d'organisation devait impérativement s'adapter aux exigences économiques et médiatiques du football moderne du XXIe siècle.

CAN: à partir de 2028, la Coupe d'Afrique des nations aura lieu tous les 4 ans, comme la Coupe du monde et l'Euro

Cette vidéo offre un éclairage pertinent sur les annonces officielles concernant le passage de la CAN à un cycle quadriennal à partir de 2028.