La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est incontournable dans le paysage footballistique mondial. Véritable vitrine des talents, des passions et de la fierté culturelle du continent africain, cette compétition met aux prises l’élite des sélections nationales tous les deux ans. Au fil des décennies, un débat revient sans cesse avec acuité chez les observateurs et les supporters : quelle est la nation qui règne en maître absolu sur le tournoi ?
À cette interrogation, les chiffres et l'histoire répondent de manière univoque. Le pays qui compte le plus de victoires à la CAN est l’Égypte.
Les origines et la genèse du géant égyptien
L'histoire d'amour entre l'Égypte et la Coupe d'Afrique des Nations débute dès les balbutiements de l'épreuve. Créée en 1957 à l'initiative de la Confédération Africaine de Football (CAF), la compétition ne réunit alors que quatre participants lors de sa première édition au Soudan : l'Égypte, le Soudan, l'Éthiopie et l'Afrique du Sud (cette dernière étant finalement disqualifiée).
Dès cette heure de naissance, l'Égypte impose son autorité en remportant le trophée inaugural. Les Pharaons confirment leur suprématie deux ans plus tard, en 1959, en s'adjugeant une seconde couronne consécutive à domicile. Cette période fondatrice pose les jalons d'une culture de la gagne insatiable. Bien que les décennies suivantes aient été marquées par des périodes de transition et l'émergence d'autres nations redoutables comme le Ghana ou le Cameroun, l'Égypte a toujours su se réinventer pour traverser les époques.
L'âge d'or et le triplé historique inédit
Si le palmarès des Égyptiens force le respect, c'est surtout leur domination au tournant du XXIe siècle qui a cimenté leur légende. Entre 2006 et 2010, l'Égypte a réalisé un exploit monumental et totalement inédit dans l'histoire du tournoi : remporter trois CAN d'affilée :
2006 (en Égypte) : Face à une redoutable équipe de Côte d'Ivoire emmenée par Didier Drogba, les Pharaons s'imposent au bout du suspense lors de la séance des tirs au but.
2008 (au Ghana) : Dans un tournoi où on ne les attendait pas forcément au sommet, ils écrasent la concurrence tactiquement et dominent le Cameroun en finale grâce à un but opportuniste de Mohamed Aboutrika (1-0).
2010 (en Angola) : Au sommet de leur art, les coéquipiers d'Ahmed Hassan et du légendaire gardien Essam El-Hadary écartent le Ghana en finale (1-0), signant un triplé historique que personne n'a réussi à égaler depuis.
Cette période faste, orchestrée par le sélectionneur Hassan Shehata, a mis en lumière une organisation collective irréprochable. L'équipe s'appuyait majoritairement sur des joueurs évoluant dans le championnat local (notamment les géants du Zamalek et d'Al Ahly), démontrant une cohésion et une maîtrise tactique hors pair qui ont étouffé les plus grandes stars européennes de l'époque.
Un palmarès global jalonné de régularité
Au-delà de ses sept sacres (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008 et 2010), l'Égypte détient d'autres records colossaux qui illustrent sa constance au plus haut niveau continental :
Le plus grand nombre de finales disputées : 10 finales au total.
Le plus grand nombre de phases finales jouées : Plus de 25 participations au compteur.
Même lors des éditions où ils ne soulèvent pas le trophée, les Pharaons restent de redoutables compétiteurs, à l'image de leur parcours en 2021 (tournoi joué en 2022) où ils s'inclinent en finale face au Sénégal au terme d'une lutte acharnée aux tirs au but.
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