Qui a organisé la CAN 2024 ? Les coulisses d'un choix décisif pour le football africain
La question de l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) disputée au début de l'année 2024 suscite souvent de légères confusions qu'il convient de dissiper d'entrée de jeu pour tout amateur de football. Bien qu'elle se soit déroulée en 2024 (plus précisément du 13 janvier au 11 février 2024), la compétition était officiellement désignée sous l'appellation CAN 2023.
Ce décalage calendaire exceptionnel, dicté par des impératifs climatiques liés à la saison des pluies en Afrique de l'Ouest, n'enlève rien à l'événement : c'est bel et bien la Côte d'Ivoire 🇨🇮 qui a eu l'immense honneur d'organiser cette grand-messe du football continental.
Un processus d'attribution jalonné de rebondissements
L'histoire de l'attribution de la CAN 2023 (jouée en 2024) témoigne de la complexité de la gouvernance du football en Afrique et des réajustements successifs menés par la Confédération Africaine de Football (CAF). Initialement, le pays hôte devait être désigné dans le cadre d'un processus global d'attribution sur plusieurs années initié sous l'ère d'Issa Hayatou.
La promesse initiale faite à la Côte d'Ivoire : C'est le 20 septembre 2014 que la CAF attribue officiellement l'organisation de la CAN 2023 à la Côte d'Ivoire. Le pays, qui n'avait plus accueilli la compétition reine depuis 1984, voyait là l'occasion en Or de renouer avec son glorieux passé d'hôte et de moderniser son parc sportif.
Le jeu des chaises musicales de 2018 : Les équilibres géopolitiques et sportifs du continent connaissent un tournant majeur lorsque la CAF retire en novembre 2018 l'organisation de la CAN 2019 au Cameroun, en raison de retards importants dans les travaux. Par un jeu de glissement validé par les instances, le Cameroun est repositionné pour l'édition 2021, la Côte d'Ivoire décale son accueil à 2023, et la Guinée (initialement prévue pour 2025) se voit attribuer l'édition suivante (avant de se voir également retirer l'organisation par la suite pour des raisons d'infrastructures insuffisantes).
Le report sanitaire de 2023 à 2024 : Prévue initialement pour l'été 2023, la compétition est reportée à janvier et février 2024 par la CAF. La raison officielle ? Éviter la période des fortes pluies et des risques d'intempéries majeurs dans la région abidjanaise, garantissant ainsi des conditions de jeu optimales pour les vingt-quatre sélections qualifiées.
Le pari des infrastructures : un investissement pharaonique
Organiser une Coupe d'Afrique des Nations à l'ère du football moderne exige des investissements colossaux. Pour la Côte d'Ivoire, l'attribution de la CAN 2024 a fonctionné comme un formidable accélérateur de croissance et de modernisation des infrastructures de transport, d'hospitalité et de santé, bien au-delà du simple cadre rectangulaire des stades.
Le pays hôte a dû mobiliser des ressources considérables pour répondre point par point aux exigences de la CAF, en répartissant les rencontres dans cinq villes hôtes majeures dotées de six stades ultramodernes :
Abidjan : Le cœur battant du tournoi, avec le somptueux Stade Alassane Ouattara d'Ebimpé (d'une capacité d'environ 60 000 places, théâtre du match d'ouverture et de la grande finale) et le mythique Stade Félix Houphouët-Boigny entièrement rénové au Plateau.
Bouaké : Au centre du pays, le Stade de la Paix a été profondément modernisé pour offrir une enceinte vibrante aux supporters.
Yamoussoukro : La capitale politique a accueilli les délégations au sein du tout nouveau Stade Charles Konan Banny.
San-Pédro : Dans le Sud-Ouest balnéaire, le Stade Laurent Pokou est sorti de terre pour l'occasion.
Korhogo : Dans le grand Nord ivoirien, le Stade Amadou Gon Coulibaly a symbolisé la volonté de décentraliser la fête du football dans tout le pays.
Au-delà des infrastructures sportives, l'attribution de la Coupe d'Afrique des Nations 2023 (jouée au début de l'année 2024 en Côte d'Ivoire) a mis en lumière des enjeux économiques et géopolitiques majeurs pour les nations hôtes. Pour le pays des Éléphants, cet événement a représenté un formidable catalyseur de développement, entraînant des investissements massifs dans les réseaux de transport, la modernisation des aéroports et le secteur hôtelier.
Ce modèle de réussite organisationnelle, marqué par des stades flambant neufs à Abidjan, Bouaké, Korhogo, San-Pédro et Yamoussoukro, a redéfini les standards exigés par la Confédération Africaine de Football (CAF). Les autorités ivoiriennes ont ainsi prouvé qu'un pays d'Afrique subsaharienne pouvait livrer des infrastructures de classe mondiale dans les délais impartis, balayant les doutes initiaux liés aux retards de chantier.
Cette dynamique s'inscrit dans une vision à long terme du football continental. En confiant successivement l'organisation de la grand-messe africaine à la Côte d'Ivoire, puis au Maroc pour l'édition suivante, et enfin au trio Kenya-Tanzanie-Ouganda pour 2027, la CAF diversifie ses vitrines et renforce l'attractivité du tournoi à l'échelle globale.
En conclusion, si la CAN 2023 reportée en 2024 restera à jamais gravée dans les mémoires pour son exceptionnel succès populaire et organisationnel en terre ivoirienne, elle a surtout posé les jalons d'une nouvelle ère. Désormais, chaque pays candidat doit composer avec des cahiers des charges de plus en transformant le football en un puissant moteur de croissance durable et de rayonnement international.
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