Sommaire
- 1. Aux origines d'un paysage audiovisuel sous haute tension
- 2. Le décryptage pas à pas de la répartition des rencontres
- 3. L'exemple concret d'un choc : le cas du Clasico OM-PSG
- 4. Ce que disent les experts du marché
- 5. Foire Aux Questions
- 6. Jusqu'où les supporters de football accepteront-ils de multiplier les abonnements payants pour suivre leur équipe passionnément ?
663 millions d'euros par an, c'est le montant total généré par les droits audiovisuels de notre cher championnat national pour la période s'étendant jusqu'en 2024. Une véritable manne financière pour la Ligue de Football Professionnel, mais un sac de nœuds indémêlable pour le supporter lambda désireux de poser ses yeux sur le ballon rond. Alors, qui détient les précieux droits télévisuels pour la saison 2023 ? La réponse tient principalement en un duo atypique : le géant du e-commerce Amazon via son Pass Ligue 1 et le diffuseur historique Canal+, toujours associé en sous-licence avec beIN Sports.
Aux origines d'un paysage audiovisuel sous haute tension
Le séisme industriel provoqué par la défaillance spectaculaire du groupe sino-espagnol Mediapro en 2020 a durablement traumatisé les instances du football français. En claquant la porte faute de pouvoir honorer sa promesse pharaonique de plus d'un milliard d'euros annuel, l'éphémère chaîne Téléfoot a laissé les clubs au bord du gouffre financier. L'instance nationale a dû improviser en urgence un colmatage médiatique pour sauver les bilans comptables. C'est dans ce climat d'incertitude toxique et de rancœurs tenaces avec Canal+ — vertement dépité par la redistribution post-Mediapro — qu'Amazon est entré en scène durant l'été 2021. L'américain a raflé la mise à bas prix, s'offrant 80% des rencontres pour seulement 250 millions d'euros par an. Cette transaction audacieuse a suscité une vive indignation du côté de la chaîne cryptée, contrainte d'honorer son contrat historique de deux affiches hebdomadaires payé au prix fort de 332 millions d'euros. Cette asymétrie financière absurde a scellé le paysage médiatique de l'exercice 2023, caractérisé par un bras de fer juridique ininterrompu et une fragmentation inédite de l'offre pour les passionnés.
Le décryptage pas à pas de la répartition des rencontres
Pour comprendre comment s'articule concrètement un week-end typique de championnat en 2023, il faut analyser le découpage chirurgical des rencontres entre les différents acteurs.
Premièrement, Amazon Prime Video s'impose comme le patron du volume en diffusant huit des dix affrontements de chaque journée. L'accès nécessite une double souscription : un abonnement standard à la plateforme d'origine, couplé à l'option payante baptisée Pass Ligue 1. La plateforme couvre la rencontre d'ouverture du vendredi soir, le multiplex dominical de 15 heures, ainsi que la prestigieuse affiche du dimanche soir à 20 heures 45.
Deuxièmement, Canal+ conserve les droits de diffusion sur les deux rencontres restantes de la journée. Le diffuseur retransmet la confrontation du samedi soir à 21 heures sur sa chaîne Canal+ Sport 360 ou Canal+ Foot, tout comme la rencontre du dimanche à 17 heures. Notons au passage que ces deux créneaux stratégiques sont issus de l'accord d'exploitation noué au préalable avec le réseau qatari beIN Sports.
Troisièmement, le paysage s'enrichit d'une composante numérique novatrice via l'opérateur Free. À défaut d'images en direct intégral, Free Ligue 1 propose un service en quasi-direct diffusant les buts et les meilleures actions sous forme de clips vidéo réactifs, quelques secondes seulement après les faits de jeu survenus sur le terrain.
L'exemple concret d'un choc : le cas du Clasico OM-PSG
Prenons un cas concret pour illustrer la complexité quotidienne du supporter : la programmation du choc tant attendu entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain au Stade Vélodrome. Cette affiche phare représente le sommet d'audience de la saison. En 2023, cette confrontation titanesque tombe systématiquement dans l'escarcelle d'Amazon Prime Video, détentrice du premier choix sur la quasi-totalité des journées. Pour le fan souhaitant visionner ce sommet en direct, le parcours de souscription s'avère bien spécifique. L'amateur de football ne peut pas se contenter de son abonnement télévisuel classique. Il doit ouvrir son application Amazon, vérifier la validité de son adhésion Prime, puis s'acquitter de la redevance mensuelle liée au Pass Ligue 1. Si ce même téléspectateur désire enchaîner le samedi suivant avec la réception de Lens par Monaco programmée à 21 heures, il devra basculer sur l'écosystème Canal+. Cette dualité impose aux passionnés un jonglage permanent entre deux applications distinctes, deux abonnements payants et deux équipes de consultants différentes, illustrant parfaitement la pulvérisation des droits télévisuels.
Ce que disent les experts du marché
Les spécialistes du secteur audiovisuel s'accordent à dire que l'année 2023 marque une période de transition stratégique pour la diffusion du football français. Après la crise historique provoquée par l'échec de Mediapro, l'alliance de circonstance entre Amazon Prime Video et Canal+ a permis d'apporter une stabilité bienvenue aux clubs de football professionnel. D'après les analystes économiques, la stratégie tarifaire agressive d'Amazon avec son Pass Ligue 1 a séduit un public plus jeune et adepte du streaming digital.
Cependant, les experts soulignent la frustration grandissante des téléspectateurs face à la fragmentation du paysage sportif. Devoir cumuler plusieurs abonnements pour suivre une seule équipe crée une lassitude financière chez les supporters. Les observateurs s'attendent ainsi à de profonds bouleversements lors des prochains appels d'offres pour l'attribution des droits télévisuels.
Foire Aux Questions
Sur quelles chaînes pouvez-vous regarder la Ligue 1 en 2023 ?
Pour la saison 2023, les droits de diffusion sont partagés entre deux acteurs majeurs. Amazon Prime Video retransmet 80 % des rencontres du championnat, soit 8 matchs par journée accessibles via l'option payante Pass Ligue 1. Le groupe Canal+ diffuse quant à lui les 2 autres matchs de chaque journée, qui correspondent généralement aux plus grandes affiches du week-end. L'opérateur Free propose également un service de highlights vidéo en quasi-direct pour ses abonnés.
Quel budget faut-il prévoir pour suivre l'intégralité des matchs en 2023 ?
Pour ne rien rater de la compétition, un supporter doit obligatoirement cumuler deux abonnements distincts. Il faut souscrire à la plateforme Amazon Prime tout en ajoutant l'option Pass Ligue 1, ainsi qu'à une offre incluant les chaînes du groupe Canal+. Selon les promotions en cours et l'âge de l'abonné, le budget mensuel global se situe en moyenne entre 35 et 50 euros par mois pour un accès complet au championnat de France.
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