La réponse en bref

La salive s'épaissit durant l'effort intense et la respiration buccale assèche la gorge. Les joueurs crachent pour évacuer cette substance visqueuse et les poussières inhalées.

À retenir

  • L'effort rend la salive plus épaisse et collante, ce qui la rend désagréable à avaler.
  • La respiration par la bouche fait entrer de la poussière et de l'herbe dans la gorge.
  • Le corps produit plus de mucus pour piéger ces particules étrangères.
  • Certains crachats sont des solutions de glucides utilisées pour stimuler le cerveau.

Les footballeurs crachent principalement parce que l'effort physique intense modifie la texture de leur salive et assèche leur bouche. Ce geste permet d'évacuer un mucus devenu épais et collant, ainsi que les particules de poussière et d'herbe inhalées pendant la course. Ce n'est donc pas un manque d'éducation, mais une réaction physiologique logique face aux contraintes du match.

La transformation de la salive à l'effort

Durant un match, un joueur court entre 10 et 12 kilomètres. Cette activité soutene sollicite fortement le système nerveux sympathique, celui qui gère les situations de stress ou d'effort physique. Pour envoyer plus de sang vers les muscles et le cœur, le corps réduit l'afflux sanguin vers les glandes salivaires.

Ce changement modifie la composition de la salive. Au repos, elle est fluide et riche en eau. À l'effort, elle perd son eau et gagne en concentration de mucines, des protéines qui la rendent visqueuse et dense. Avaler cette substance pâteuse devient difficile. Elle a tendance à s'accumuler au fond de la gorge, créant une sensation de gêne ou même de nausée. Cracher est la façon la plus simple de se débarrasser de cet encombrement.

La respiration buccale et les impuretés

Le football exige de l'oxygène. Dès que l'intensité monte, respirer par le nez ne suffit plus. Les joueurs passent automatiquement à une respiration buccale. Cet air qui entre et sort à grande vitesse assèche les muqueuses de la bouche.

En respirant par la bouche, on contourne le filtre naturel du nez, qui retient habituellement les poussières. Les particules fines, les brins d'herbe arrachés par les crampons et les poussières de la pelouse pénètrent directement dans la gorge. Le corps réagit en produisant un excès de mucus pour piéger ces corps étrangers. Ce mélange de salive, de poussière et de débris végétaux doit être expulsé rapidement pour ne pas gêner la respiration ni irriter la gorge.

Le truc des glucides

Tous les crachats ne sont pas de la salive. Une partie correspond à une technique appelée « rincage buccal aux glucides ». Les joueurs gardent en bouche une solution sucrée (souvent de la maltodextrine) pendant quelques secondes avant de la cracher.

Les récepteurs du goût sur la langue détectent le sucre et envoient un signal au cerveau. Le cerveau interprète ce signal comme un apport d'énergie, ce qui réduit la sensation de fatigue. En crachant la solution au lieu de l'avaler, le joueur évite de charger son estomac. Cela lui permet de bénéficier du stimulus cérébral sans les effets secondaires digestifs comme les crampes ou les ballonnements, qui sont fréquents en fin de match.

Une question d'habitude et de confort

Au-delà de la physiologie, le crachat est aussi devenu un rituel. Comme au golf ou au billard, ce geste aide certains athlètes à se concentrer ou à relâcher la tension avant une action décisive. Une fois que la sensation de gorge encombrée est associée au crachat, le geste devient quasi réflexe. Les entraîneurs et médecins de club ne cherchent plus à l'interdire, car il est difficile à contrôler et souvent utile pour le confort respiratoire du joueur.

Questions fréquentes

Est-ce que cracher est interdit par les règles du football ?

Non, ce n'est pas interdit. Bien que certains clubs ou fédérations encouragent la propreté des stades, il n'existe pas de sanction réglementaire spécifique pour un crachat sur la pelouse.

Les joueurs crachent-ils tout le temps ou seulement à l'effort ?

C'est plus fréquent à l'effort intense car la salive s'épaissit et la respiration s'accélère. On observe aussi des crachats lors des pauses ou des remises en jeu pour se désencombrer la gorge.

Pourquoi ne pas simplement avaler la salive ?

La salive devient trop visqueuse à l'effort, ce qui la rend désagréable à avaler. De plus, elle contient souvent des particules de poussière ou d'herbe que le corps cherche à éliminer rapidement.